L’HISTOIRE DE JEPHTÉ

Dans la décennie de 1660 Marc-Antoine Charpentier part se former à Rome auprès de Giacomo Carissimi. De retour à Paris il écrit notamment son Reniement de Saint-Pierre dont on peut dire qu’il est calqué sur une oeuvre comme Jepthé qu’il a recopiée de sa propre main et ramenée en France. À l’heure où l’Italien Jean-Baptiste Lully invente la musique française, Marc-Antoine Charpentier, lui, s’ingénie à garder l’empreinte de cette musique italienne qu’il aime tant. Ce programme montre la filiation de ces deux compositeurs incontournables.
Tirée du livre des Juges, l’histoire de Jephté raconte le destin d’un des fils de Galaad (Fils d’Israël) et d’une prostituée. Chassé de la maison et en quête de reconnaissance, il court l’aventure et devient chef de guerre. Mais, quand les fils d’Israël se voient agressés par les Ammonites, ils rappellent leur frère Jephté pour qu’il prenne la tête de leurs armées. Profitant de l’occasion pour redorer son blason, Jephté fait le serment de sacrifier la première personne qu’il croisera à son retour victorieux. Le sort veut que sa fille unique vienne à sa rencontre en tête du cortège pour célébrer son glorieux père. L’avenir qui s’annonçait comblé d’héroïsme bascule en un instant dans le drame le plus noir. 

PROGRAMME :

Improvisation au grand orgue


Transfige Dulcissime Jesu H.251
Élévation à 5 voix
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)

Improvisation au grand orgue


Jephté
Oratorio pour 6 voix & basse continue
Giacomo Carissimi (1605-1674)

Improvisation au grand orgue


Le Reniement de Saint Pierre H.84
Oratorio pour 5 voix & basse continue
Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)

DON QUICHOTTE CHEVAUCHE LES LUMIÈRES

Au tout début du XVIIe siècle Miguel De Cervantes publie son Don Quichotte qui sera très vite diffusé dans toute l’Europe. En 1761, Georg Philip Telemann s’approprie cette figure mythique en en faisant une peinture musicale débordant d’esprit, d’humour et de vitalité. Antonio Vivaldi et Pierre Gabriel Buffardin, avec leur plume éloquente et prolifique, sont appelés en renfort dans ce programme pour rendre hommage à la virtuosité du style de Miguel De Cervantes. Des interventions théâtrales du musiciens-comédien Boris Winter, évoquent avec une pétillante virtuosité, l’étonnante vie de l’écrivain espagnol. L’auditeur est ainsi plongé dans une chevauchée stylistique et temporelle, qui, en plus d’être hautement poétique, a pour but de montrer à quel point des œuvres de siècles si lointains peuvent nous faire sentir le monde d’aujourd’hui.

PROGRAMME :

Ouverture
Suite Don Quichotte
Georg Philip Telemann (1681-1767)

Concerto pour soprano en Do M
Antonio Vivaldi (1678-1741)

Le réveil de Don Quichotte et Les galops de Rossinante et celui de la mule
Suite Don Quichotte
Georg Philip Telemann (1681-1767)

Concerto pour traverso en Mi M
Pierre Gabriel Buffardin (1689-1768)

Ses soupirs amoureux à la princesse Dulcinée et Sancho Panza berné
Suite Don Quichotte
Georg Philip Telemann (1681-1767)

Concerto pour traverso et flûte à bec
Georg Philip Telemann (1681-1767)

Son attaque des moulins à vent et Le couché de Don Quichotte
Suite Don Quichotte
Georg Philip Telemann (1681-1767)

1721

1721 est un spectacle musical inspiré des Lettres persanes de Montesquieu. Les artistes sur scène, au nombre de quatre, tantôt musiciens, tantôt comédiens, racontent et illustrent l’histoire de deux seigneurs persans qui se rendent en France pour découvrir l’Occident. D’un ton léger et parfois très drôle, ils relatent leurs réactions, leurs réflexions, leurs interrogations dans une correspondance épistolaire avec leurs proches restés à Ispahan. Leur absence de préjugés et leur esprit vif et (faussement) ingénu leur valent de s’intéresser à la pratique politique, à l’étrangeté des mœurs et aux traditions religieuses…Ils en soulignent les aspects parfois ridicules et ainsi, par leur plume acerbe, mettent en cause les fondements mêmes de notre société.
1721 est l’année de parution des Lettres persanes. C’est aussi l’année de maturité de la plupart des compositeurs de prédilection de l’ensemble Le Songe du Roi. En effet, Antonio Vivaldi, Jean-Sébastien Bach, Georg Philip Telemann, Jean-Philippe Rameau et François Couperin avaient entre 35 et 60 ans cette année 1721. C’est au coeur de cette première moitié du XVIIIe siècle qu’ont vu le jour un grand nombre de chef-d’oeuvres musicaux et littéraires de l’époque baroque. Cette même année-là commence aussi à sourdre l’esprit des Lumières avec les premiers écrits de Voltaire, de Marivaux et bien sûr de Montesquieu.Tous ces artistes, ces penseurs, vont contribuer énormément à poser les jalons de notre société moderne.
Ce spectacle original, qui se veut « baroque » dans tous les sens du terme, jongle avec les époques, les styles, les niveaux de langages, entremêle le « savant » et « l’improvisé » et confronte les points de vue afin d’inviter l’auditeur à se questionner sur la figure cruciale de l’étranger.

PROGRAMME :

Des extraits des œuvres ci-dessous sont données en alternance avec une sélection de Lettres persanes de Montesquieu et des lettres contemporaines écrites par le violoniste Michel Coppé.
 
Ouverture des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau
Les Nations de Georg-Phillip Telemann 
Sonate en trio N°3 et 4 op 2 de Jean-Marie Leclair
Sonate pour violoncelle d’Antonio Vivaldi 
L’apothéose de Corelli de François Couperin
La marche de Scythes de Pancrace Royer
La folia d’Arcangelo Corelli

DISTRIBUTION :
Boris Winter & Michel Coppé : violons
Pierre Charles : violoncelle
Patrick Heilmann : clavecin & direction

L’HEURE ITALIENNE

L’heure italienne réunit 4 musiciens du Songe du Roi autour de l’esthétique musicale italienne du 18e siècle. Corelli et Vivaldi occupent bien sûr la place qui leur est due dans ce programme de part le nombre très important de chef-d’oeuvres qu’ils ont laissé, mais un troisième compositeur y est également à l’honneur : le grand Haendel. Allemand, ayant vécu la plus grande partie de sa carrière à Londres, Haendel a toute sa vie écrit une musique dans le goût italien le plus authentique. L’heure italienne est un hommage à ce goût d’une extraordinaire vitalité qui a bel et bien fini par convaincre toute l’Europe. 

PROGRAMME :

Sonate pour violon et basse continue (op5 n°5)
Arcangelo Corelli (1653-1713)

Cantate « figlio d’alte speranze »
Georg Friedrich Haendel (1685-1759)

Sonate pour violoncelle et basse continue en Si bémol M (RV45)
Antonio Vivaldi (1678-1741)

Sonate pour violon et basse continue « La follia »
Arcangelo Corelli (1653-1713)

Cantate  » Mi palpita il cor  »
Georg Friedrich Haendel (1685-1759)